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Rambalh, c'est un pot pourri sur la littérature, un blog pour partager mes coups de coeur et de gueule. Rambalh signifie Bordel en Occitan et c'est un peu le cas de ce blog : de tout et surtout tout moi. Le bordel de mes goûts, de ma vie livresque, toujours en lien avec Accros & Mordus de Lecture.

vendredi 11 août 2017

Librairie insolite : Le Trouve Tout du Livre au Somail (Aude)


Juste avant l’arrivée, de quoi frétiller d’envie !

La semaine dernière, j’apprenais l’existence d’une librairie de livres anciens comptant plus de 50 000 ouvrages située dans un hameau, à tout juste 25 minutes de chez mes parents. Cette librairie s’y est implantée il y a presque quarante ans et je ne connaissais même pas son existence ! Je devais retrouver une copine et sa petite famille (Lili-One, si tu ne la connais pas encore, c’est le moment de foncer) alors je lui ai donné rendez-vous là-bas pour qu’on puisse s’émerveiller à deux !


L’entrée de la librairie.

Le Trouve Tout du Livre est une librairie créée dans les années 60 à Paris et qui était spécialisée dans la recherche et l’envoie de livres par correspondance. C’est dans les années 80 que les propriétaires se sont établis au Somail, petit hameau dans l’Aude, au bord du Canal du Midi. La librairie a investi une ancienne cave, adossée au château d’eau où trône fièrement un drapeau Occitan (mon amour pour ma région se gonfle d’orgueil, évidemment), et ses murs sont intégralement recouverts de livres jusqu’au plafond.


Aperçu de l’ensemble, ce que l’on voit après un long couloir déjà rempli de livres (désolée pour la qualité médiocre de la photo).

Si la spécialité de la librairie est le livre ancien, on y retrouve aussi du contemporain, du régionalisme récent, de la SF en poche, des ouvrages de sciences, de spiritualisme… Tout est là pour ravir petits et grands, amoureux du livre comme lecteurs occasionnels.


Livres anciens dans des éditions à tomber par terre.

Le centre de la librairie retrace son histoire à travers une petite exposition où de superbes œuvres et livres sont sous verre. Il est d’ailleurs possible de les acheter.


Exposition au centre de la librairie.

J’ai trouvé toute une tripotée de livres sur le Catharisme, de quoi faire frémir la groupie que je suis mais j’ai été forte ! Je sais que je dois d’abord faire du tri post-déménagement avant de remplir à nouveau mes futurs cartons de livres.


Encore un peu pour les yeux !

J’ai été très forte, je n’ai rien acheté parce que je n’ai pas eu le temps de faire le tour (et aussi parce que j’ai prévu d’y retourner la semaine prochaine pour au moins deux heures avec une liste #jenesuispassiforte) mais j’ai déjà repéré une pièce de Sophocle que je cherche depuis des années sans succès et qui s’y trouve dans deux éditions différentes : à moi le St Graal !


Promis, après j’arrête !

Et, à quelques mètres de la librairie, on retrouve un petit banc avec ce beau message :

« LES BANCS DE LA LIBERTÉ sont mis à votre disposition pour rencontrer les textes, les mots et les pages, et découvrir des auteurs, d’ici et d’ailleurs.
Sur tous les continents et avec tous les citoyens du monde, permettons-nous d’inventer des instants de vie, pour partager en liberté les émotions de l’écrit.
»


Les bancs de la liberté sont dédiés à Antoine de Saint-Exupéry

Je retournerai rapidement là-bas pour prendre le temps d’apprécier un peu plus les lieux (et acheter trop de livres). Si vous passez un jour dans le coin, n’hésitez pas à y aller.

Et vous, vous connaissez des librairies insolites ?

Page Facebook de la Librairie
Site internet de la Librairie

jeudi 10 août 2017

La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt

J’avais plusieurs fois été attirée par cette couverture mais je n’avais jamais craqué jusqu’à ce que je trouve une version d’occasion : c’est pile poil le genre de lecture que j’aime l’été.



Quatrième de Couverture
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Mon avis
Grégoire Delacourt nous dresse le portrait d’une société où l’argent change les gens à travers le regard de son héroïne, Jo, qui valide un ticket gagnant pour une grosse cagnotte, un montant qui ferait tourner la tête de n’importe qui. En réfléchissant à ce qu’elle pourrait en faire, Jo se rend compte qu’elle possède déjà ce qu’il lui faut et que, ce qu’elle voudrait d’autre ne s’achète pas. Elle craint de perdre sa petite vie si elle encaisse son gros chèque et décide donc de le cacher et d’attendre.

L’histoire de Jo est touchante, ses réflexions sont frappantes de vérité et son petit monde reflète parfaitement notre société malade : vouloir toujours plus pour donner un sens à sa vie, se projeter sur des achats futurs pour être certains de se sentir encore en vie. Travailler pour acquérir, se briser l’âme pour s’offrir la vie que le monde capitaliste nous impose, oublier de s’intéresser aux autres au profit de son petit confort personnel.
Avec son blog de couture, Jo touche des milliers de personnes qui se sentent seules, comme elle, dans un monde où pourtant les contacts sociaux pourraient être légion. On ne partage plus l’essentiel, on se contente du futile, de tout ce qui se marchande. Elle le comprend, Jo, et c’est pour ça qu’elle a peur d’encaisser ce chèque. Elle a peur de changer sa vie, le regard des autres, de perdre son mari, ses enfants. Et elle a raison d’avoir peur.

L’écriture de Grégoire Delacourt m’a conquise : la poésie qui s’exprime à travers ses mots, son style narratif et ce qu’il véhicule m’ont touchée. J’aime particulièrement lorsque la narration interne est maitrisée et c’est ici le cas. On s’identifie à Jo, on a peur pour elle, on s’attache à cette femme que la vie a peu à peu brisée en petits morceaux.

Lorsque j’ai atteint les dernières pages de ce roman, j’ai eu beaucoup de peine pour Jo, pour ce qu’elle conclut de sa vie, de son aventure : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Après les déceptions, les coups durs de la vie, cette femme se résigne et n’est plus capable d’offrir l’intégralité d’elle-même. Et c’est tout ce qu’on ne veut pas vivre. Tout ce qu’on n’aimerait pas connaître.

L’argent fait tourner les têtes, change le comportement des gens alors que Jo, elle, avait déjà compris : « Une mercière qui saurait ce que pressentait Thomas d’Aquin : le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. » On veut toujours plus et, de préférence, ce qu’on peut monnayer, et on applique ce fonctionnement avec les êtres humains. On change nos téléphones dès que le nouveau modèle sort, alors même que le nôtre fonctionne encore, comme on le fait avec les relations : on met fin à des liens qui, pourtant, fonctionnent encore…

Ce roman m’a touchée, m’a rendue triste et c’est tout ce que je demande à un livre : me faire ressentir des choses et me pousser à y trouver un peu de ma vie entre ses pages, tout en relativisant le monde. La postface de l’auteur est présente dans mon édition : elle est touchante, bouleversante.

« Il avait déchiré la liste de mes besoins, de mes envies et de mes folies.
Il m’avait privée de ces petites choses qui nous maintiennent en vie. L’économe qu’on achètera demain au Lidl. La Calor à Auchan la semaine prochaine. Un petit tapis pour la chambre de Nadine, dans un mois, ce sera les soldes.
Il m’avait ôté l’envie d’être belle, d’être coquine et bonne amante.
Il avait griffé, rayé mes souvenirs de nous. Abîmé jusqu’à l’irréparable la poésie simple de notre vie…
»

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mercredi 9 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 3 : La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Après avoir relu les deux premiers tomes, j'ai enfin pu découvrir le tome 3 !



Quatrième de Couverture
Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.

Mon avis
Le troisième tome nous force à un bond dans le temps, alors qu’Ophélie est cloîtrée sur Anima depuis plus de deux ans. J’ai eu du mal à imaginer une pause sur une aussi longue période après le rythme effréné des deux premiers tomes mais la logique y est.

J’avais lu de bonnes critiques de ce tome, notamment sur la découverte de la nouvelle Arche, Babel, par Ophélie. Cependant, Babel m’a laissée de marbre face à la magie qui avait opéré pour moi avec le Pôle et notamment la Citacielle : si l’histoire de Babel, son fonctionnement et ses descriptions sont superbes, je reste attachée au Pôle qui a su conquérir mon cœur de lectrice.

L’intrigue avance plus encore et ce que découvrent Ophélie et Thorn pousse à de nouvelles questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponses. Encore une fois, Christelle Dabos réussit à nous donner envie de lire la suite mais, surtout, elle nous séduit chaque fois un peu plus.

Je n’ai qu’une hâte, en apprendre plus encore sur les autres Arches, comprendre enfin tous les tenants et aboutissants de la Déchirure mais après un nouveau tome riche en découvertes, rebondissements et surprises. J’aime la façon qu’à Christelle Dabos de jouer avec nos nerfs, avec nos émotions et notre imagination. Et j’en redemande !

Les avis des Accros & Mordus de Lecture

mardi 8 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 2 : Les disparus du Clairedelune de Christelle Dabos

Enfin l'avis sur le tome 2, qui est aussi une relecture.



Quatrième de Couverture
Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d’une redoutable vérité.

Mon avis
Le second tome, même après relecture, reste mon préféré. J’ai découvert avec avidité la suite des événements du Pôle, j’ai adoré l’intrigue des disparus de l’ambassade et j’ai été enchantée par l’évolution des personnages mais aussi des liens qui se construisent entre eux.

J’avais un souvenir assez fade d’Ophélie dans ce tome mais, en le relisant, cette impression a complètement été balayée : j’ai pris énormément de plaisir à la voir grandir et s’affirmer. Sa relation avec son fiancé est toujours aussi plaisante : hors des clichés, construite sur le temps, à travers les épreuves et dans une certaine logique. Les changements qui s’opèrent chez Thorn sont agréables à suivre : sa mécanique est mise à mal par Ophélie et, restant égal à lui-même, il gère le tout comme il peut, sans perdre de son essence.

L’intrigue de ce tome est son point fort : une histoire fascinante, faisant grandir l’intrigue générale de la saga et rendant le lecteur plus addict encore. C’est ce livre qui m’a fait comprendre que je ne pourrai qu’aller au bout de l’œuvre de Christelle Dabos. Et sa relecture a été un enchantement : j’avais beau connaître les rouages de l’enquête, j’ai lu avec la même avidité que la première fois chaque page.

lundi 7 août 2017

La Passe-Miroir, Tome 1: Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

J’avais lu les deux premiers tomes il y a un moment déjà et je les ai relus à la sortie du troisième tome afin de me remémorer tous les détails. Je n'avais jamais posté mon avis alors je m'y mets en commençant par le tome 1.



Quatrième de Couverture
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du pôle. A quelle fin a-t-elle était choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Mon avis
Ce premier tome est une superbe entrée en matière dans l’univers créé par Christelle Dabos. A travers les yeux d’Ophélie, son héroïne, on découvre pas à pas l’histoire des Arches, en commençant par Anima, l’Arche d’origine de la petite liseuse, avant d’être propulsé au Pôle pour honorer son mariage arrangé avec Thorn.

L’univers est riche, tant par le fond de l’histoire que par les détails qui modèlent les arches, la déchirure ou encore les personnages. Les descriptions sont si vivantes que j’ai passé mon temps à voir chaque détail à travers les mots et j’ai adoré. On imagine parfaitement le passage du climat clément d’Anima au froid mordant du Pôle, on voit sans problème les objets qui prennent vie au contact d’Ophélie et sa tante, on prend de plein fouet la rudesse du monde du Pôle.

Le seul bémol dans l’écriture de Christelle Dabos est, à mes yeux, la redondance dans la description de Thorn : les mêmes mots reviennent sans cesse, sûrement pour montrer la mécanique routinière qui semble animer l’intendant mais la limite a été bien trop souvent atteinte.

Lors de ma relecture, j’ai tout autant apprécié ce premier tome qui dose à la perfection les détails sur l’histoire qui donnent envie de poursuivre.

jeudi 27 juillet 2017

ORACLE, Tome 1 : Korrigans de Justine Morvan

Une amie m'a conseillé cette toute nouvelle saga et elle a eu raison ! J'aime quand un roman d'un genre qui ne me plait pas particulièrement au départ réussit à me surprendre.



Quatrième de Couverture
« L’univers des légendes celtiques passé au shaker de l’urban fantasy ».

Protéger le monde de l’apocalypse n’est pas une mince affaire, et l’organisation secrète O.R.A.C.L.E (Organisation de Régulation des Accidents, Conflits et Litiges inter Espèces) en sait quelque chose.

Dévoués à la sauvegarde du statu quo entre le surnaturel et le commun depuis la nuit des temps, ses agents jouent des pieds et des mains pour empêcher les différentes races présentes sur Terre de s’entre-déchirer. Discrétion, efficacité, pragmatisme : tels sont ses mots d’ordre.

Celle qui les incarne le mieux est Youna, semi-elfe et officier autoritaire de la zone Celte. Prête à tout pour remplir ses fonctions, elle dirige d’une main de fer une unité d’intervention composée d’agents hauts en couleur : Talmad, faune aux prothèses bioniques, Netun, Korrigan affligé d’un trouble anxieux pathologique et Eliaz, jeune informaticien doté de pouvoirs psychiques.

Lorsque Youna et son équipe sont chargés d’enquêter sur une sordide série de meurtres au cœur de la zone Celte, ils ne savent pas encore que ces crimes ne sont que le début d’un véritable jeu de massacre. Une folie contagieuse, dont les racines s’enfoncent loin dans l’obscurité…

Mon avis
" - Je ne vois qu'une solution : filer à l'irlandaise.
- Tu veux dire à l'anglaise? rétorqua Eliaz.
- J'croyais qu'on disait à la française ! s'exclama Netun.
- Stop ! coupa Youna, disons filer à la grecque ça mettra tout le monde d'accord.
- Ouais, ouais bonne idée, sont chiants les Grecs avec leurs minotaures et leurs furies, y croient qu'y zont inventé l'eau chaude alors que la moussaka c'est dégueulasse ! "
(ORACLE, tome 1 "Korrigans", p.222)

Le premier tome de la série ORACLE est un premier pas vers un univers riche et plein de promesses. L’urban fantasy n’est pas un genre que j’affectionne, étant vite ennuyée par les redondances scénaristiques comme les personnages toujours prévisibles, les histoires mêlant loup-garou et vampire à tour de bras ou encore les histoires d’amour improbables s’incrustant pour la forme… Ici, rien de tout ça !

Justine Morvan réussit à peindre un tableau de la fantasy au cœur de notre réalité avec brio, à travers une trame prenante et bien ficelée mais aussi des personnages flirtant avec les stéréotypes sans jamais s’y laisser prendre. ORACLE, c’est enfin une saga où de nouvelles espèces et créatures sont mises en avant, où la Bretagne est utilisée à la perfection et où l’intrigue ne s’essouffle pas un seul instant.

Chaque personnage principal à son rôle, son caractère, son côté stéréotypé… Et le tout s’emboîte parfaitement sans atteindre la limite délicate du « trop » à ne pas franchir : les clichés dont sont affublés les protagonistes donnent surtout l’impression d’exister pour être remaniés et utilisés avec un dosage au poil de cul près. Le résultat est bon et efficace, chaque membre de l’équipe 29 complétant parfaitement les autres, chaque autre personnage trouvant sa place et son juste rôle.

Enfin, le point fort de ce premier tome reste la plume de Justine Morvan. Elle utilise un humour mordant, culotté, oscillant entre différent style en fonction des personnages. Cet humour est délicieux, quelle que soit sa forme tout au long du de la lecture et fait de ce livre une véritable pépite, que l’on aime l’urban fantasy ou non : j’adore ce genre d’écriture et il me permet d’aimer un genre qui me laisse pourtant souvent de marbre. Et si vous aimez la pop culture, les clins d’œil qui y sont faits dans le texte sauront vous ravir autant qu’ils m’ont plu !

Si vous aimez l’humour tranchant, les légendes celtiques et le mélange des genres, foncez sans hésiter !

dimanche 12 février 2017

Nagasaki d'Éric Faye

Rien de tel qu'une lecture positive pour oublier une déception ! Lecture qui s'est faite d'une traite, et c'est agréable.



Quatrième de Couverture
Shimura-san mène une existence solitaire et ordonnée dans la banlieue de Nagasaki. Mais voilà que des objets se déplacent, chaque jour, insidieusement, que de la nourriture disparaît. Fantôme ? Hallucinations ? Grâce à une webcam, la vérité se fait jour : une femme habite clandestinement chez lui, depuis un an...
Grand Prix du roman de l'Académie française 2010, Nagasaki est un chef-d'oeuvre de mélancolie, un récit percutant sur l'isolement, où les ombres qui peuplent l'histoire du Japon ne sont pas loin.

Mon avis
Shimura-san sent que quelque chose cloche en ouvrant son frigo. Un détail, un simple détail attire son attention. Il manque quelque chose à ce décor si banal. Quelqu’un pénètrerait-il sa maison en son absence ? Il décide de tout faire pour en avoir le cœur net et va découvrir qu’une inconnue partage sa vie à son insu.

Éric Faye nous raconte l’histoire vraie d’un homme qui apprend qu’une femme vivait clandestinement dans sa maison. Il la débusque en installant une caméra chez lui et prévient la police. Chamboulé, il se rend compte que son intimité a été pénétrée par une inconnue. Accueillant chaque soir avec sérénité sa vie solitaire en rentrant chez lui après une journée de travail, il comprend avec horreur qu’il n’était pas seul, dans ce qu’il considérait comme son havre de paix. Shimura-san est l’incarnation de l’être humain qui travaille pour gagner sa vie, vie qu’il passe ensuite dans la solitude parce que le monde actuel désagrège de plus en plus les liens sociaux sincères. Cette solitude dont il se satisfait est remise en cause par l’existence de cette femme : on n’est jamais physiquement seul finalement mais on croise les autres sans réellement les voir. Cette inconnue, dont le nom n’est jamais cité, est un bouleversement dans son quotidien, mais un bouleversement angoissant. Son cocon a été forcé, sa sérénité n’est plus.

Nagasaki est finalement le reflet de la réalité sociale de notre monde : on est entouré et seul à la fois. On se préserve mais lorsqu’une personne force notre armure pour pénétrer au plus profond de nous, à ce que l’on pensait inaccessible, on prend peur, on se sent vulnérable. On ne veut offrir aux autres que ce que l’on choisit, par pudeur mais surtout prudence. Et on ne prend d’eux que ceux qu’ils nous offrent en retour.

La plume d’Éric Faye nous transporte et nous permet de comprendre les deux personnages principaux de l’histoire : cette histoire touchante nous pousse à réfléchir, à nous demander si, dans notre vie, des inconnus ont pu forcer les portes de notre vie, comme la clandestine le fait avec Shimura-san. Et plus encore, on se demande si cette inconnue, dont les motivations profondes ne sont révélées qu’à la fin, n’est pas le reflet de toutes ces choses auxquelles on s’identifie parce qu’elles ont une signification particulière à nos yeux.
En moins d’une centaine de pages, Nagasaki, à travers un simple fait divers, pousse à une réflexion étrange et assez dérangeante. Sommes-nous trop satisfaits d’être seuls avec nous-mêmes pour ne pas chercher à nous ouvrir aux autres ?

J’ai passé un agréable moment avec ce livre, oscillant entre compassion et tristesse, compréhension et malaise. La chute de cette histoire est bien trouvée mais, surtout, énonce une requête sur la propriété des souvenirs qui donne de la légitimité, à mes yeux, aux agissements de cette inconnue. Personne ne devrait nous empêcher de revivre nos souvenirs lorsque nous le souhaitons, quelle qu’en soit la forme et c’est finalement l’incarnation de cette règle qu’offre ce roman.

Harry Potter et l'enfant maudit de J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany

J'ai résisté à cette lecture longtemps. Parce que je connaissais l'intrigue. Parce que j'avais peur. Puis je l'ai fait. J'ai lu ce livre et... breuogggrghhjgh. Au moins, ça me permet de me remettre aux chroniques, voyons le positif !



Quatrième de Couverture
Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Mon avis
Ayant grandi avec la saga Harry Potter, je me devais de lire cette pièce. Il m’a fallu du temps pour oser ouvrir ce livre, surtout parce que je savais quelle était l’intrigue (merci les spoilers qui foisonnent sur le net) et que j’allais détester de A à Z. Peut-être avais-je un infime espoir d’apprécier ma lecture mais le verdict est là : j’ai détesté. Tout. Du scénario aux personnages, des incohérences à l’écriture.


Vous saviez que cette chronique partait mal.

La première scène est la copie du tout dernier chapitre de la saga Harry Potter : vingt ans plus tard, quand les enfants de nos héros préférés entrent à Poudlard à leur tour. Et même là, la forme théâtre ôte un peu de son charme à la scène. Je précise quand même que j’aime lire du théâtre pourtant. On suit alors les aventures d’Albus, le second fils Potter et de Scorpius, le seul fils de Malefoy. Evidemment, ils sont amis. Evidemment, Albus se retrouve à Serpentard. Evidemment, il est paumé. Evidemment, il est au centre de l’histoire… Alors qu’il n’a en fait rien à y faire. Il aurait été finalement plus intéressant de ne se consacrer qu’à Scorpius qui lui est à peu près utile et tangible (mais pas trop non plus, ne soyons pas trop fous).

Les personnages ne sont pas réalistes. Ni fouillés. Ni même à la hauteur. Et cela vaut pour les nouveaux comme les anciens. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut autant dénaturer des personnages qui ont été développés sur sept tomes auxquels on veut rendre hommage, et ça n’est pas uniquement une déformation donnée par le fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre : Harry, Ginny, Ron, Hermione, McGonagall, … Tous ont été foirés. Vingt ans plus tard, Harry a pu grandir mais le scénariste semble l’avoir oublié. Vingt ans plus tard, Ron a visiblement régressé mentalement. Vingt plus tard, Hermione est elle aussi devenue stupide… Et j’en passe. Aucune cohérence avec les anciens personnages. Et les nouveaux ne le sont pas plus. C’était juste insupportable à lire.


Je refuse. Tout.

Mon côté puriste étant trop prononcée, j’ai quand même essayée d’oublier ce que je connaissais des personnages pour me fondre dans l’histoire… Et quelle histoire. Des incohérences grosses comme le monde, un scénario digne d’une tele-novela qui après quinze saisons ne sait toujours pas se renouveler dans son intrigue, des dénouements simplement imbuvables… Un exemple ? Un gosse qui dit « Aaaah mais je peux faire du polynectar il y a sûrement les ingrédients, en quelques minutes ce sera fait ! » soit. Mais une grande sorcière très haut placé, censée être très intelligente qui répond « mais oui pas bête » NON. Surtout quand elle sait faire du polynectar (oui, oui, c’est bien Hermione). Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.


Et encore, vomir ne suffit pas.

Je ne vais pas aller plus loin, déverser ma frustration et mon indignation n’aurait rien de productif et conduirait à des spoilers, mais, vraiment, cette lecture était un supplice. Je trouve irrespectueux de vendre cette daube à plus de 20 balles (je voulais le pirater d’ailleurs mais on me l’a prêté, hors de question de payer pour ça). Je trouve irrespectueux de mettre en gros le nom de Rowling sur la couverture. Je trouve irrespectueux tout le pataquès médiatique qu’il y a eu autour. Et je trouve irrespectueux de ne pas avoir été honnête sur la nature de cette pièce : une très mauvaise fanfiction. Bon sang, des amateurs pondent des histoires bien plus cohérentes et agréables à lire.
J’espère simplement que, jouée, la pièce est agréable parce qu’à la lecture, c’est une véritable séance de torture. Et j’exagère à peine. Bravo à ceux qui ont pu apprécier cette lecture : j’aurais aimé pouvoir en dire de même.


J'ai maaaaaal.

PS : Rowling, sache que je me sens trahie. Au plus profond de mon âme. Parce que tu as cautionné. Et je refuse de croire que cette histoire a été en partie ton idée. Je suis dans mon déni pour ne pas te renier définitivement.


Dans la dignité. Presque.